Tout le monde ne possède pas une imprimante multi couleur ! Et même si cela est le cas, il n’est pas toujours possible techniquement de prévoir une impression multi couleur. On se pose alors la question « comment vais-je peindre cet objet ? »
Il y a déjà un certain temps, j’avais abordé le sujet d’une façon très globale, en insistant sur les points à prendre en compte : disposer d’un support propre, poncé, sans bavure, sur lequel on aura de préférence déposé une couche de primaire d’accroche (surtout sur le PLA qui reste un matériaux très poreux). Il restait ensuite à peindre avec des peintures acryliques au pinceaux.
Je reviens cette fois sur le sujet, en abordant maintenant la peinture à l’aérographe qui – si elle ne remplacera pas le pinceau pour de tout petits détails – par permettre un bien meilleur rendu sur des zones plus grandes.
Vous trouverez de nombreux sites et tuto sur l’apprentissage de la peinture à l’aérographe, et je ne vais pas « faire un tuto de plus ». Je vais juste aborder le sujet au travers de mon expérience, car ce n’est pas « si simple ».
Je vais découper cet article de la manière suivante, ce qui vous permettra d’aller directement au sujet qui vous intéresse :
- Le principe de fonctionnement
- Le matériel nécessaire
- La peinture et sa préparation
- Les prérequis avant de commencer à peindre
- Le poste de travail pour peindre en toute sécurité
- Le nettoyage du matériel
Et comme vous le constatez, je n’aborderais pas la technique de peinture !!!
Le principe de fonctionnement
Vous connaissez tous les bombes de peinture. Un aérographe, c’est la même chose : On projette vers le support à peindre un flux d’air chargé de peinture.

Les aérographes sont généralement de type « double action » : on va pouvoir jouer sur le débit d’air et sur le flux de peinture. Il y a 2 grandes familles d’aérographes basés sur ce principe : les aérographes à gravité (comme sur la figure ci-dessus) dans lesquels la peinture « tombe » naturellement par gravité avant d’être mêlée au flux d’air, et les aérographes à aspiration (avec un réservoir en dessous du pistolet), la peinture étant aspirée par le flux.
Le matériel nécessaire
L’aérographe est l’outil final, et vous en trouverez à tous les prix (de quelques dizaines d’euros à plusieurs centaines). Selon les usages, ils pourront être équipés de différents diamètres d’aiguille, ce qui permettra de générer des jets de peinture plus ou moins larges.
Mais il faut aussi être capable de générer un flux d’air le plus constant possible. Il vous faudra donc aussi vous équiper d’un compresseur. Là aussi vous trouverez toutes les gammes de prix, en fonction de vos usages : occasionnels ou intensifs. Votre choix sera donc à faire en connaissance de cause, et il sera inutile de dépenser 200 € si vous compter peindre une pièce tous les 3 mois !
Par contre, pour avoir testé, je vous déconseille ce genre de gadget à 30 € :

Tout simplement parce que ce n’est pas très pratique à l’usage.
Il faut prendre principalement en considération lors de votre choix 2 critères :
– le débit délivré par le compresseur : généralement, un débit entre 10 et 25 L/min est nécessaire et suffisant,
– la pression disponible : une pression entre 1.5 et 3 bars est idéale.
Pour débuter sans trop dépenser, vous pouvez partir sur des solutions de ce type :

Nous sommes dans un budget de moins de 100 euros.
Vous aurez un petit compresseur sur batterie avec 30 à 40 mn d’autonomie, un débit de 11 L/min et une pression d’environ 1.2 bars.
C’est un peu limite mais ça fonctionne plutôt bien pour un usage ponctuel.
L’aérographe fourni n’est pas un modèle haut de gamme mais il est idéal et surtout standard, donc idéal pour ce faire la main.
Si vous voulez investir davantage, je vous conseille de partir sur une solution avec cuve. Vous trouverez de nombreux modèles, à tous les prix, généralement à partir de 130 euros.

On change de cours d’école : généralement, ce type de produit délivre un débit de 20 à 25 L/min, avec une pression réglable de 1.5 à 3 bars. Le compresseur alimente la cuve avec une pression de l’ordre de 4 bars, en mode « start and stop ». Un régulateur garantit ensuite une pression stable.
La peinture et sa préparation
Même avec le meilleur matériel possible, le résultat final va dépendre de la bonne préparation de la peinture. Dans n’importe quel travail de peinture, il faut d’abord bien choisir la peinture (on ne prendra pas la même peinture si l’on l’on veux peindre un mur ou un volet en bois). Mais dans le cas de la peinture à l’aérographe, on rajoute un paramètre très important : la viscosité de la peinture. Comme les pigments de peinture sont portés par un flux d’air, il faudra trouver le bon équilibre .
Trop épaisse, la peinture fera crachoter votre aérographe (figure 1).
Trop liquide, le résultat donnera des coulures (figure 2).
Il faudra donc, en fonction des types et des marques de peinture, réussir à trouver la bonne proportion de diluant pour arriver au résultat parfait (figure 3).

Et c’est ici que réside la principale difficulté …
Parce que le résultat va uniquement dépendre de la peinture, de sa dissolution, de la pression du flux et de la distance d’application, il est important de noter quelque part vos « réglages » (si je peux appeler cela ainsi).
Il existe différents type de peinture (Gouache, Huile, Aquarelle, Alimentaire,…) mais pour peindre des figurines – ou objets imprimés – il est toujours conseillé d’utiliser une peinture acrylique.
Vous trouverez ci-dessous le top 4 des marques les plus connues, et facilement trouvables à un prix abordable (avec un lien de référence chez Amazon).
| TOP | Nom et lien de l’aérographe |
| 1 | Le meilleur pour débuter : Vallejo Gamme Air (Amazon) |
| 2 | Un super rapport qualité/prix : Gamme Createx (Amazon) |
| 3 | Le kit de peinture le moins cher : HOMY ARTY (Amazon) |
| 4 | Kit pour les peinture métal : Peinture Vallejo métalisée (Amazon) |
Ces peintures sont théoriquement utilisables sans dilution préalable, en particulier dès que la pression utilisée est supérieure à 20 PSI.
Les prérequis avant de commencer à peindre
Maintenant que votre peinture est prête et que vous avez fait un petit test sur une feuille afin de vérifier que le résultat vous convient, il y a une dernière étape – qui dans la logique des choses devrait être la première – a passer : il faut disposer d’une pièce prête à peindre. Je ne vais pas m’étendre sur le sujet car cela est une évidence : si votre pièce présente des bavures, des défauts de surface, la pièce peinte présentera les même défauts. Il est donc impératif de bien nettoyer la pièce avant peinture, et de procéder à un ponçage minimaliste.
Et comme en carrosserie, l’application d’un primaire d’accrochage est une très bonne idée, sur sur des pièces imprimées en PLA, avec des stries de couches potentiellement visibles, et avec un matériaux très poreux qui va absorber la peinture.
Et une dernière recommandation : avec un aérographe, on commence TOUJOURS par activer le flux d’air AVANT de délivrer la peinture (sinon, ça éclabousse et ça bouche rapidement la buse). Et c’est évidemment l’inverse lorsque l’on arrête de peindre.
C’est là que vous pouvez aller voir plein de tutos !
Le poste de travail pour peindre en toute sécurité
Quand on utilise une bombe aérosol, il est conseillé de le faire à l’extérieur ou dans un endroit bien ventilé. Avec un aérographe, c’est normalement les mêmes consignes, que beaucoup de personnes malheureusement oublient.
Avec un aérographe, le jet de peinture est tellement fin que parfois on l’oublie, en particulier lorsque l’on ne l’utilise que rarement. Mais la finesse des particules est d’autant plus dangereuse pour les voies respiratoires et les yeux. La meilleure solution est donc de s’équiper d’une cabine de peinture ventilé (ou de la fabriquer) afin de garantir que le flux de peinture ne reviendra pas vers le peintre ! Il faut compter entre 70 et 200 euros pour une cabine toute équipée.
J’ai personnellement opté pour une autre solution prenant beaucoup moins de place pour mon usage occasionnel. J’ai acheté une cabine pliable toute simple qui m’a couté 29 €, sur laquelle j’ai adapté mon propre système d’aspiration et un éclairage à led. Je mettrais bientôt les détails de cette réalisation dans la rubrique « Labo DIY » de ce site.
Le résultat est une mini cabine de peinture ventilée avec éclairage, entièrement démontable pour moins de 65 €.

Un autre point à prévoir : le support et la purge régulière de votre aérographe.
J’ai opté pour un pot de vidange de ce type :

Positionné à côté de ma cabine de peinture, il me sert à la fois de support d’aérographe et de système de purge. Comme il est équipé d’un filtre, il me permet sans risque de purger régulièrement et de gérer les changements de couleur.
Un dernier aspect, très pratique : la peinture, ça tâche. Avec un aérographe, vous allez avoir besoin de tourner autour de votre pièce (ou de tourner votre pièce). J’ai installé dans ma cabine un plateau tournant fabrication maison pour les pièces qui tiennent toute seules. Sinon j’utilise un système à pinces de ce type :

L’usage de gants peut aussi être une bonne idée.
Vous êtes maintenant bien installé. Il ne vous reste plus qu’à peindre.
Le nettoyage du matériel
On va distinguer 3 opérations de nettoyage distinctes :
- Le nettoyage rapide entre 2 couleurs,
- Le nettoyage de fin de session de peinture,
- Le nettoyage en profondeur.
Le nettoyage rapide lors d’un changement de couleur
L’objectif est dans le titre : on change de couleur. Il est donc nécessaire de nettoyer à minima l’aérographe pour que le nouveau flux soit propre.
La méthode est simple et sans démontage :
– on vide le godet,
– on ajoute un peu de diluant ou nettoyant aérographe,
– on pulvérise dans un pot de nettoyage jusqu’à obtenir un jet clair,
– on fait un gargarisme (en bouchant la buse avec le doigt et on actionne le flux et la peinture. L’air reflue alors dans le godet et décolle la peinture),
– on essuie le godet.
Il ne reste plus qu’à mettre la nouvelle peinture et reprendre la tâche.
Le nettoyage de fin de session de peinture
En fin de session de peinture, il est important de nettoyer soigneusement votre aérographe avant de le ranger. Ceci passe normalement par un démontage complet de l’aérographe.
Dans un premier temps, on commencera par effectuer les mêmes opérations que lors d’un changement de couleur. Cela permet déjà de décoller un maximum des dépôts de peinture sur les parties visibles (intérieur du godet).
Le démontage doit toujours être effectué dans l’ordre suivant :
a) on retire le manchon arrière qui protège la queue d’aiguille,
b) on desserre ensuite la bague de fixation afin de tirer légèrement l’aiguille vers l’arrière. L’objectif est de dégager la pointe d’aiguille de la tête,
c) maintenant que l’on ne risque plus d’endommager la pointe de l’aiguille, on peut procéder au démontage de la tête et de la buse. Attention : il s’agit de petites pièces. Réalisez ces opération au dessus d’un plan de travail propre et dégagé,
d) il est maintenant possible d’extraire l’aiguille en la poussant vers l’avant (et non en la tirant vers l’arrière) afin de ne pas l’endommager. On évitera au maximum de touche l’extrémité de l’aiguille, qui est très fragile,
e) on peut maintenant dévisser la fixation d’aiguille et la gâchette.
L’aérographe est maintenant démonté et l’on peut procéder au nettoyage des différentes pièces. Celui-ci sera principalement réalisé à l’aide d’un coton tige imbibé de liquide de nettoyage pour aérographe. Le nettoyage des parties interne pourra être réalisé à l’aide de goupillons, de brosses et d’un aiguille de nettoyage spécifiquement adaptés.
Il ne reste plus qu’à remonter votre aérographe en respectant exactement l’ordre inverse du démontage. Il n’y a rien de difficile.
A noter qu’il est possible d’appliquer un lubrifiant spécial aérographe sur les parties mobiles (aiguille et gâchette).
Ce nettoyage de fin de session ne sera pas systématique. Si vous n’avez rencontré aucun problème et que le nettoyage sans démontage montre que le produit refoule bien dans le godet, on pourra réaliser ce nettoyage que toutes les 3 ou 4 sessions.
Néanmoins, si vous pensez que votre aérographe restera non utiliser sur une longue période, il est nécessaire de le faire.
Le nettoyage en profondeur.
Si votre aéro se met subitement à crachoter ou que la pression de l’air varie de façon irrégulière, c’est que la buse est sûrement partiellement bouchée.
Les 2 méthodes de nettoyage précédentes peuvent ne pas suffire à résoudre totalement le problème. Une solution qui marche plutôt bien est de procéder à un nettoyage de l’aérographe aux ultrasons.
Les offres ne manquent pas pour ce type de matériel, comme ce type de produit :

Il suffit de démonter votre aérographe, de placer l’ensemble des pièces dans le panier, de mettre le liquide adapter et de laisser entre 5 et 10 mn les ultrasons faire leur travail.
Vous trouverez des solutions de nettoyage spécifiques au aérographe, mais personnellement, j’utilise un mélange d’eau déminéralisée avec un peu de liquide vaisselle, et cela fonctionne très bien.
En conclusion
Une fois que vous aurez passé la barrière de la déception parce que « c’est bouché », « ça crache », « c’est trop liquide » et « faut toujours nettoyer », vous prendrez un réel plaisir à découvrir les techniques de peinture et apprécier le résultat final.
Bon courage.